Fred Deux (1924-2015)

2017 / 68 pages / 21,5 x 27 cm / quadri
Design graphique : Atelier Perluette et BeauFixe (Jérôme Séjourné et Marion Greco)
Imprimerie : SEPEC (01)
Tirage : 700 exemplaires
ISBN : 978-2-9542000-6-4

15 euros

 

Textes de Jean-François Chevrier, David Collin, Maryline Desbiolles et Ghislaine Dunant.
Plus de 40 reproductions en quadrichromie.


 

Avant-propos :

C’est il y a plus de trois ans, au cours de nos recherches et de la préparation de notre exposition Surréalistes, certes, que nous avons commencé à présenter des dessins de Fred Deux (1924-2015) à la galerie. Quelques pièces éparses illustraient une proximité avec le surréalisme et une évolution, à une époque précise, dans les marges du groupe. Fred Deux se familiarisa avec la littérature surréaliste durant les années 1948-1949, à l’époque où, employé chez un libraire à Marseille, il découvrait de nombreux livres fondateurs et essentiels pour la suite de son parcours. Puis deux ans plus tard, à Paris, il rencontre André Breton qui s’intéresse alors à ses oeuvres, mais leur relation naissante s’étiole rapidement : leurs sensibilités et leurs psychologies étant inconciliables. L’amitié nouée avec Hans Bellmer la même année, en 1951, fut quant à elle bien plus féconde et durable. La femme de Fred, Cécile Reims, a par la suite gravé les dessins de Bellmer entre 1966 et 1975.

D’ailleurs, l’idée d’une exposition Fred Deux à la galerie, même si elle germait depuis un certain temps dans nos esprits, a véritablement pris forme lors d’une émouvante rencontre avec Cécile à Lyon en juin 2016, suivie, quelques semaines plus tard, par une visite rendue dans sa charmante maison/atelier de La Châtre (Indre) ainsi qu’au tout proche musée d’Issoudun que le couple a enrichi de plusieurs donations de leurs propres oeuvres et d’objets ethnographiques. Ces moments d’échanges, d’écoute, et de partage autour de Fred Deux furent déterminants. Mais l’intérêt croisé pour les arts plastiques et la littérature que font vivre depuis plus de trente ans la galerie et la librairie Michel Descours n’est sans doute pas étranger non plus à notre intérêt intellectuel pour Fred Deux, artiste pour lequel il est difficile d’isoler les dimensions visuelles, écrites et même sonores, et qui représente si bien la multiplicité des registres créatifs que nous cherchons à rassembler. Enfin, l’opportunité d’ouvrir une exposition Fred Deux en résonance avec l’importante rétrospective déployée cet automne au musée des Beaux-Arts de Lyon a fixé le calendrier de notre projet. Notre exposition est organisée en étroite collaboration avec Alain Margaron qui mène depuis plus d’une dizaine d’années un remarquable travail de valorisation et de diffusion des dessins de Fred Deux. Je lui exprime toute ma gratitude de nous avoir pleinement fait confiance et d’avoir contribué à cet accrochage rétrospectif, rassemblant plus d’une quarantaine de dessins, datés de 1961 à 2004, et représentatifs de plusieurs séries emblématiques de son itinéraire artistique : les Taches, les Otages, les Spermes colorés…

Certains se diront peut-être, « à quoi bon un énième catalogue Fred Deux ? ». En effet, les publications ne manquent pas – la bibliographie en témoigne –, des plaquettes de galerie à la monographie de Bernard Noël, des nombreux travaux de Pierre Wat au catalogue du musée Jenisch (Vevey) de 2015, la littérature sur Fred Deux est abondante et les angles d’attaque tendent à se répéter. Nous avons ainsi le plaisir d’accueillir, en ouverture de ce volume, un texte inédit de l’historien de l’art Jean-François Chevrier qui aborde d’une façon originale la tension entre l’écriture et le dessin en interrogeant la figure du scribe, tout en suggérant des rapprochements encore inexplorés
avec l’oeuvre de Victor Brauner – complémentaires d’une précédente étude sur les relations avec Roberto Matta. En contrepoint, égrenées au sein de la partie catalogue, nous présentons trois contributions d’écrivains (Maryline Desbiolles, David Collin et Ghislaine Dunant), des propositions subjectives, qui mettent l’accent sur une dimension sensible et qui disent l’importance tenue par Fred Deux dans leurs propres parcours littéraires. — Michel Descours

 

 

 

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