• Max Schoendorff, L’Ouvert, 1965, huile sur toile, 99,5 x 80,5 cm.

    Max Schoendorff, Au creux d’un cri, 1974, lithographie 4 couleurs, 76 x 54 cm, 60 ex., éditeur : Verrière, imprimeur : Michel Cassé.

    Max Schoendorff, « Brande », série Dépaysage, 1995, acrylique sur toile, 81 x 100 cm.

    Max Schoendorff, Sous le fouet, 1997, acrylique sur toile, 100 x 81 cm.

    Max Schoendorff, « Le Bel Âge », série Autoportrait de dos, 1998, acrylique sur toile, 81 x 65 cm.

La galerie Michel Descours rend hommage à Max Schoendorff (1934-2012) en lui consacrant une exposition monographique du 4 février au 12 mars 2016. Rassemblant plus une quarantaine de peintures, dessins et estampes réalisés entre 1959 et 2008, l'accrochage retracera les différentes étapes de sa carrière. La galerie éditera un catalogue de 48 pages comprenant un texte inédit de Patrice Béghain.

 

Exposition du jeudi 4 février au samedi 12 mars 2016
Galerie Michel Descours 44 rue Auguste-Comte 69002 LYON

 

Note liminaire sur l'exposition :

Dans un article qui honore sa mémoire, paru dans Le Monde quelques jours après sa mort en octobre 2012, Francis Marmande présente Max Schoendorff, peintre, homme de théâtre, acteur de la décentralisation culturelle, et lecteur assidu des philosophes et des romantiques allemands, comme un « libertaire placide, contradicteur né, homme de convictions, [qu’] il exprimait d’une voix riche en harmoniques et en vacheries ». Il est vrai que Max Schoendorff était une personnalité engagée, menant plusieurs combats de front, aussi bien politiques qu’artistiques, en défendant une haute idée de la culture tout en favorisant sa démocratisation.

À ce jour, il n’existe aucune publication exhaustive qui rassemblerait les différentes facettes de son œuvre. Plusieurs auteurs, et non des moindres, ont écrit sur sa peinture et sur son environnement littéraire ou intellectuel (José Pierre, Jean-Clarence Lambert), sur sa relation au théâtre et à l’opéra (Denis Milhaud, Roger Planchon), puis Louis Seguin a publié il y a quelques années, épaulé par Claude Ritschard, un texte cultivé, structuré par des descriptions qui nous font pénétrer dans le maelstrom de sa matière picturale. Mais une étude générale reste encore à construire pour témoigner des apports essentiels de Max Schoendorff à la vie des idées et des arts (de la scène et plastiques) de ces soixante dernières années.

Du 4 février au 12 mars 2016, la galerie Michel Descours rend hommage à Max Schoendorff en lui consacrant une exposition composée d’une quarantaine de peintures, dessins et estampes provenant majoritairement de son atelier. Sans pouvoir prétendre à une rétrospective, car les œuvres en circulation sur le marché sont rares, nous avons tenté de réunir des pièces représentatives des différentes périodes qui constituent son parcours et d’évoquer les séries emblématiques (Autoportraits de dos, Dépaysage, série alchimique…). Nos choix sont également orientés par notre volonté de mettre en évidence l’extraordinaire richesse de la recherche plastique de l’artiste qui ne cesse de renouveler ses partis pris formels et techniques.

Les premiers tableaux de la fin des années 1950 attestent une exploration de l’abstraction en peinture, aussi bien influencée par les premiers dripping de Max Ernst de la fin des années 1930 que par les effets de matière granuleux et les coulures d’un Wols, ou encore les expérimentations contemporaines de Simon Hantaï – qui sont déterminantes pour En voie d’inachèvement (1959). Par ailleurs, l’émulation provoquée par son ami catalan Modest Cuixart est palpable avec Dans notre cercueil (1959). Mais rapidement Schoendorff opte pour une voie très personnelle.

Nous sommes heureux de montrer, pour la première fois simultanément, l’unique tapisserie signée Schoendorff (éditée à un seul exemplaire) et son carton, une gouache préparatoire à l’échelle 1 (1979 /1980). Nous avons été très attentifs aux années 1984 -1985 qui sont particulièrement prolixes et qui correspondent aux premiers usages de l’acrylique, d’abord mêlée à l’huile, technique qui deviendra la seule employée par l’artiste durant les deux décennies suivantes. Après la réalisation du spectaculaire polyptyque Scène de la vie des douze Césars, à la fois installation et décor de théâtre, Max Schoendorff entame un ensemble restreint de peintures sur aluminium, puis une série capitale placée sous le titre générique de Naturam natura docet, debellet ut ignem, « seule la nature peut apprendre à la nature à combattre le feu » (dite « série alchimique »), qui, composée de quatre grandes toiles (voir Harmoniac), de quatre dessins, de quatre lithographies et de quatre linogravures, fait écho au matérialisme du De natura rerum de Lucrèce. Dans le domaine de l’estampe et du livre, si essentiel pour Schoendorff qui a fondé l’URDLA en 1978, nous confrontons une importante linogravure réalisée en 2008 pour les trente ans de l’atelier installé à Villeurbanne, deux « livres de peintres » suggérant sa proximité avec les surréalistes (José Pierre et Jean Schuster), plusieurs lithographies en couleurs des années 1970 imprimées par Michel Cassé, puis La Tentation de Lilith composée de neuf feuilles imprimées avec neuf pierres différentes. Les deux séries qui réinterprètent des genres de l’histoire de l’art, le paysage et l’autoportrait, figurent également dans notre corpus : les Dépaysages renversent le motif et scrutent les entrailles de la terre tandis que les Autoportraits de dos  invitent le spectateur à regarder dans la même direction que l’artiste...

 

 

Légende image : Max Schoendorff, « Harmoniac », série Naturam natura docet, debellet ut ignem, 1985, huile et acrylique sur toile, 200 x 300 cm.

 

 

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