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Du 04 octobre 2012, 18 heures, au 19 janvier 2013
Martinus Rørbye est sans doute le plus nomade des peintres de l’Âge d’or danois, le premier à franchir les frontières habituelles du Grand Tour en voyageant en Grèce et en Turquie. Mais c’est l’Italie qui l’a plus souvent retenu. Séjournant à Subiaco en 1836, il y a produit l’une des images les plus séduisantes dans le genre de la « chambre avec vue », cher aux jeunes artistes étrangers désireux de fixer leur passage dans ce qui leur semblait un paradis d’artistes. Dans le Jeune abbé lisant, Rørbye a transposé avec une grande virtuosité l’étude du plein air dans un intérieur rempli de lumière. Icône de la peinture danoise du XIXe siècle, l’œuvre n’était jusqu’à présent connue que par une réplique tardive de la Ny Carlsberg Glyptotek.
Les tableaux mythologiques de l’atelier de Simon Vouet sont rares. On ne conserve tout au plus qu’une quinzaine de ces toiles jadis destinées à orner les plus fastueux hôtels particuliers et châteaux sous le règne de Louis XIII. Découverte récente, Diane pourchassant les satyres est dans ce genre une œuvre de premier ordre. Elle est attribuée à Nicolas Chaperon, l’un des élèves de Vouet les plus talentueux, avec Le Sueur, Le Brun et Dorigny, quoiqu’il soit encore méconnu. L’œuvre met en scène la chaste et farouche reine des bois volant au secours de ses nymphes assaillies par des satyres. Thème qui rencontre un grand succès dans les décors profanes parisiens des années 1630, la confrontation entre chasteté et perversité est traité par le peintre avec une verve exceptionnelle et une évidente truculence.
Un dessin inédit de David se rattache au Serment des Horaces, tableau fondateur de la peinture française. Le peintre a d’abord exploré sur le papier différents moments de la tragédie de Corneille. Lorsque Horace, héros de la Rome primitive, est rentré dans la cité victorieux de son combat contre les Curiaces, il a trouvé sur son passage sa sœur Camille pleurant la mort de son époux, ennemi de la patrie. Furieux de voir son exploit aussi lamentablement accueilli, Horace la tue. Son père le défendra à son procès en faisant valoir la supériorité de l’honneur patriotique sur la passion amoureuse : c’est le sujet de ce dessin montrant le vieil Horace déployant toute son éloquence pour sauver son dernier fils, lequel campe une attitude pleine de mépris et d’assurance au-dessus du cadavre encore frémissant de sa sœur.
La mission du peintre néerlandais Antoine Payen à Java, de 1817 à 1826, constitue un chapitre majeur de la découverte des Indes orientales par les Européens au début du XIXe siècle. Chargé par le gouvernement de « former une collection de vues de ce pays qui, réunies en Europe, donneraient une juste idée de la physionomie de ces contrées », il parcourut tout l’archipel indonésien, remplissant ses carnets de croquis sur le vif. Le Pont de bambou sur la rivière Tjisadane à Bogor est l’une de ses premières œuvres et l’un des petits panneaux qu’il peignit pour le compte du gouverneur de l’île en guise de préparation à des toiles plus ambitieuses. Sauvé de l’incendie et du naufrage de la frégate du gouverneur en 1819, il parvint après bien des vicissitudes aux Pays-Bas. Payen y a dépeint la douce vie qui s’écoule dans la campagne javanaise avec les moyens appris de Valenciennes, le père du paysage historique moderne.
Gran volta de Tullio Crali est un témoignage exceptionnel de l’évolution du futurisme à la fin des années 1930. En 1929, Filippo Marinetti, chef de file du mouvement, et ses amis tentent de définir théoriquement « l’aéropeinture » et « l’aéropoésie » dans un manifeste qui circulera jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Dans ce texte fondateur, ils affirment que « les perspectives changeantes de vol constituent une réalité absolument nouvelle, et qui n’a rien de commun avec la réalité traditionnelle des perspectives terrestres ». Tullio Crali est le premier a mettre en pratique ces nouvelles théories modernistes. Dans Gran volta (Grande voûte), il montre simultanément, sur une même surface plane, les points de vue observables depuis un avion durant deux phases d’un looping. L’œuvre a fait partie de la collection de Marinetti.
Du jeudi 4 octobre 2012 au samedi 19 janvier 2013
Vernissage le jeudi 4 octobre à l'occasion de la soirée Tapis Rouge
Du lundi au samedi, de 9h30 à 12h et de 14h30 à 19h
Oskar BERGMAN, Jacques-Emile BLANCHE, Thomas BLANCHET, Jean-Jacques de BOISSIEU, Nicolas CHAPERON (attr.), Emilie CHARMY, Jean-Baptiste CLAUDOT, Tullio CRALI, Jacques-Louis DAVID, Pierre DE MARIA, Gustave DORE, Jean-Louis DUCIS, Emile FRIANT, Albert GLEIZES, Francesco HAYEZ, Valentine HUGO, Louis JANMOT, Giovanni Battista LAMBRANZI, Jacques de LETIN (attr.), Eugenio Lucas y VELASQUEZ, Louis MASRELIEZ, Jacopo PALMA le Jeune, Antoine PAYEN, Robert PERNIN, Pierre-Paul PRUD'HON, Pierre REVOIL, Martinus RØRBYE, Petrus STAVERENUS, Jacques STELLA, George Frederic WATTS.
Avec des contributions de Philippe d'Arcy, Guillaume Cassegrain, Lucie Galactéros-de-Boissier, Elisabeth Hardouin-Fugier, Guillaume Kazerouni, Mehdi Korchane, Marie-Félicie Perez, Gwilherm Perthuis, Christophe Pizzutti et Marie-Odette Salliet.
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