Varia 2015, de De Coster à Hartung

 

Catalogue dirigé par Mehdi Korchane Édité par la Galerie Michel Descours

 

Notices rédigées par Robert Blaizeau, Anne Delvingt, Elisabeth Hardouin-Fugier, Mehdi Korchane, Anne Leclair, Gianni Papi, Gwilherm Perthuis, Paul Ruellan.

 

Traductions : John Tittensor

Conception graphique : Jérôme Séjourné

Atelier Perluette

Imprimeur : Alpha (Peaugres, 07)

Tirage : 1000 exemplaires 22 x 27 cm 

30 euros

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AVANT-PROPOS

Les éditions de Varia se suivent mais ne se ressemblent pas. Après deux tableaux du XIXe siècle – la Scène de musique de François-Joseph Navez en 2013, la Nature morte « au cube » de Berjon l’an dernier – c’est une peinture caravagesque qui est mise à l’honneur en couverture de ce nouvel opus : Saint François en prière aux côtés du Frère Léon d’Adam de Coster. Inédit, ce apport majeur au catalogue du peintre anversois provient d’une des plus prestigieuses collections du XVIIe siècle, celle de l’Espagnol Diego Messia, marquis de Leganés, dont les œuvres se trouvent aujourd’hui dans les plus grands musées internationaux (Metropolitan Museum, J. Paul Getty Museum, Wallace Collection, National Gallery of Scotland, Kunsthistoricus Museum, Wallraf Richartz Museum, musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles, le Prado bien sûr, mais curieusement pas le musée du Louvre). Leganés avait un goût marqué pour la peinture flamande ; aux côtés des nombreux Rubens, Van Dyck, De Crayer et Seghers qu’il avait réunis, le tableau caravagesque de De Coster apportait incontestablement quelque chose de nouveau. Son attribution s’est pourtant perdue au fil des héritages. C’est pourquoi nous sommes vivement reconnaissants à Anne Delvingt de l’avoir rendu à son auteur et d’avoir bien voulu l’éclairer de ses connaissances dans les pages qui suivent. Les efforts de la spécialiste pour reconstituer le catalogue du peintre, dont nombre d’œuvres se dissimulent encore sous des attributions à Gérard Seghers, révèlent un artiste de premier rang. Il suffit d’ailleurs de regarder Saint François en prière aux côtés de Frère Léon, magistral de composition, d’une grande intensité dramatique, pour réaliser que nous sommes en présence d’un grand maître.

Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, nous avons eu la chance d’acquérir de la même provenance un autre tableau capital du XVIIe siècle, italien cette fois : le Portrait de Tiberio Fiorilli par Pietro Paolini, soit celui du personnage burlesque le plus illustre de son temps par l’un des plus étranges peintres de la mouvance caravagesque. L’œuvre qui a résulté de cette rencontre est à leur image, attachante et bizarre, drôle et mélancolique à la fois. Gianni Papi, à qui l’on doit cette importante découverte, nous raconte comment Fiorilli, comédien napolitain créateur du personnage de Scaramouche, est devenu une vedette de la scène française après avoir réjoui de ses farces le jeune Louis XIV. Ce modèle de Molière a fini sa vie à Paris après y avoir importé la commedia dell’arte.

Le XVIIIe siècle n’est pas en reste. La Madeleine pénitente de Laurent Pécheux n’était jusqu’à présent connue que par une mention d’archive : elle est l’une des plus séduisantes images qu’ait produites l’artiste. Le truculent Boucher de Louis-Jacques Durameau était connu, mais a endossé plusieurs identités avant qu’Anne Leclair le rende à son auteur, de manière fort convaincante. C’est un plaisir d’avoir l’occasion de proposer une peinture de Pehr Hilleström, le grand peintre de genre gustavien injustement méconnu dans notre pays ; aucun musée français ne possède d’œuvre de cet artiste qui a découvert sa vocation en France, au contact de Boucher et de Chardin.

L’Étude torse d’homme de Géricault et le Portrait de Lacordaire par Janmot dominent le XIXe siècle. La première est majeure pour la connaissance de l’artiste car elle donne à voir ses débuts de peintre, dont on avait jusqu’à présent une connaissance plus textuelle que visuelle. Le second est la répétition autographe d’une œuvre emblématique du XIXe siècle chrétien, dont Elisabeth Hardouin-Fugier nous retrace l’histoire. Mais la Courtisane de Charles Lefebvre et Le Gros chêne de Jules Dupré méritent aussi d’être cités comme d’heureuses surprises. La première parce qu’elle révèle le tempérament coloriste insoupçonné de ce peintre mal connu de la période romantique ; le second parce que son sujet cristallise un chapitre de l’histoire de son auteur avec Théodore Rousseau, et parce qu’il est un exemple particulièrement démonstratif de sa vision pré-impressionniste.

Deux artistes du Nord se distinguent parmi les modernes. Il ne nous avait, jusqu’à présent, jamais été donné d’acquérir une peinture de Gustaf Fjaestad aussi envoûtante que les Arbres gelés au crépuscule. La technique divisionniste a écarté de la représentation toute anecdote pour ne capter que le mystère de la nuit scandinave, dans un désert gelé de sapins que le soleil embrase : le symbolisme de ce peintre atypique est à son comble. L’exposition monographique que le Statens Museum for Kunst a consacré à Wilhelm Freddie en 2009 a révélé un grand artiste du XXe siècle. Exemple canon de son art de subversion, La Prière de la nonne que nous présentons de lui est d’une importance historique : le tableau avait été sélectionné par André Breton et Paul Eluard pour figurer à l’Exposition internationale du Surréalisme organisée à Paris en 1938, dans la galerie de Georges Wildenstein, à laquelle participèrent aussi Salvador Dali, Marcel Duchamp, Max Ernst, Man Ray...

Le Jeune abbé lisant de Martinus Rørbye qui faisait la couverture des Varia de 2012 a été acquis par l’Art Institute de Chicago, La Nature morte de Berjon, tête d’affiche de l’édition 2014, orne désormais les murs du Toledo Museum of Art : il était donc naturel que nous partagions mieux notre travail avec nos clients et amis internationaux en mettant à leur disposition la traduction intégrale du texte en langue anglaise.

Michel Descours

 

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