Dans le bal des masques de Lam, l’humain se métamorphose en plante, en animal, pour échapper au contrôle des autorités de la forme. Installé à Cuba entre 1943 et 1946, il explore minutieusement le monde réel qui se cache derrière le monde immédiat. Ses huiles comme ses lavis, souvent sans titres, ne racontent pas d’histoires, mais témoignent des combats, des copulations, des dévorations d’une nature qui multiplie les mimétismes. Monde d’une grande violence où les êtres sont (comme chez Camacho ou chez Matta) armés de griffes, de dents, de cornes, d’ongles, au milieu desquels fragiles sont les seins et les testicules, révulsés les bouches et les yeux. Tout pique. Sa peinture devient le lieu de cette rencontre entre passé et futur, mutation nécessaire réclamée par le surréalisme. Il multipliera ainsi ces êtres totémiques, ancêtres à venir, ces personnages qui ont revêtu la dépouille et l’armure des chevaux, des insectes, des rapaces et des femmes, à grand renfort de fouets, d’aiguillons, de langues bifides et d’yeux apotropaïques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Médium, n° 4 (nouvelle série), janvier 1955
Couverture de Wifredo Lam.

 

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