Rencontre avec Lydie Salvayre
pour son dernier livre Marcher jusqu'au soir (éditions Stock)


Samedi 29 juin à 17 heures
Librairie Michel Descours 31 rue Auguste-Comte 69002 LYON

 

Entrée gratuite
Réservations indispensables : gwilherm.perthuis@galerie-descours.com

 

 

L'humeur railleuse et le verbe corrosif, Lydie Salvayre se saisit du prétexte d'une nuit passée au musée Picasso pour questionner le milieu artistique et ses institutions. Se tournant vers son enfance de pauvre bien élevée et abordant sans masque son lien à un père redouté et redoutable, elle essaie de comprendre comment s'est constitué son rapport à la culture et à son pouvoir d'intimidation, tout en faisant l'éloge de Giacometti, de sa radicalité, de ses échecs revendiqués et de son infinie modestie.

Répondant au principe de la collection "Ma nuit au musée", Lydie Salvayre a passé une nuit entière, seule, au Musée Picasso où se donnait alors l’exposition Picasso-Giacometti. L’unique consigne étant de livrer un texte sur cette expérience d’enfermement. Nourrissant depuis longtemps une passion pour L’homme qui marche qu’elle n’avait vu que reproduit sur du papier glacé et qui représente pour elle l’essence même de l’art, l’écrivain s’est vite laissé tenter, certaine de ressentir un bouleversement profond face à tant de beauté. Cependant, regarder ce corps « immobile, figé, et en en même temps mouvant, comme ces vagues de la mer que le froid a gelées dans leur houle » ne déclenche chez elle qu’un léger agacement. Serait-elle une analphabète du beau ? Ce goût-là ne se transmet-il donc que parmi les classes aisées, pour renforcer leur entre-soi ? À moins que le lieu n’enferme l’œuvre et la prive de son message profond ? Le désarroi est violent et les questions nombreuses. Les réponses viendront quelques mois après, le temps nécessaire pour que l’œuvre parvienne au cœur de l’écrivain.

Se dessine en creux, à travers les confidences de l’auteur sur ses relations au père, à sa famille d’exilés espagnols communistes, à son obsession pour l’humilité et la dénonciation chevillée au corps des injustices, un rapport à l’art exigeant et sa peur de la mort. On aura rarement lu un texte aussi fort, vigoureux et plein de vie sur cette fatalité qui est la fin. Se dessine un rapport à l’art exigeant et complexe, servi par la plume magistrale du prix Goncourt 2014.

 

 

L'auteure

Née en 1946 d’un père andalou et d’une mère catalane, réfugiés en France en 1939, Lydie Salvayre passe son enfance près de Toulouse. Après une licence de Lettres modernes à l’Université de Toulouse, elle fait ses études de médecine à la faculté de médecine de Toulouse, puis son internat en psychiatrie. Elle devient pédopsychiatre, et est médecin directeur du CMPP de Bagnolet pendant quinze ans. Lydie Salvayre est l’auteur d’une vingtaine de livres traduits dans de nombreux pays et dont certains ont fait l’objet d’adaptations théâtrales. La Déclaration (1990) obtient le Prix Hermès du premier roman, La Compagnie des spectres (1997) reçoit le prix Novembre (aujourd’hui prix Décembre), BW (2009) le prix François-Billetdoux et Pas pleurer (2014) a été récompensé par le prix Goncourt 2014.

 

 

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