A l'occasion de la réédition, dans une version augmentée, du célèbre livre de Margot et Rudolf Wittkower, Les Enfants de Saturne. Psychologie et comportements des artistes de l'Antiquité à la Révolution française, la galerie Michel Descours invite l'historien de l'art François-René Martin, qui signe la postface de cette nouvelle édition et Pierre Von-Ow, qui a assuré le suivi éditorial du livre.
 

Jeudi 9 février 2016 à 19 heures
Galerie Michel Descours 44 rue Auguste-Comte 69002 LYON



Entrée libre
Réservations : gwilherm.perthuis@galerie-descours.com

 

Traduction de Daniel Arasse
Postface de François-René Martin
624 pages / 35 euros

 

 

 

La mélancolie – la bile noire – serait-elle le propre du génie, comme on le pensait à la Renaissance, ce depuis les premières observations d’Aristote ? L’artiste, être sous influence astrale (de Saturne, la planète des mélancoliques), est-il fait comme les autres hommes ? D’une autre espèce, peut-être : mais alors, peut-il doubler son tempérament d’artiste d’une personnalité propre ? Célèbre ou marginal, comment s’inscrit-il dans l’imaginaire de ses contemporains ?

Dans la fresque foisonnante des Enfants de Saturne où se croisent les furieux (Cellini, Caravage) et les suicidaires (Rosso, Borromini), leurs torves compagnons pervers (Sodoma) et paranoïaques (Messerschmidt) agrémentés d’habiles intrigants (Titien) et de quelques amoureux (Fra Filipo Lippi, Raphaël), les peintres et les sculpteurs les plus illustres prennent vie à travers les témoignages de leurs contemporains (Vasari, Van Mander, Baldinucci…), cependant que se transforme progressivement la position sociale des artistes. De domestiques et artisans des débuts jusqu’au XVe siècle, les voici désormais sollicités, courtisés, certains (Michel-Ange, Rubens, Bernin, Vélasquez) seront même couverts d’or par les papes, les rois ou les empereurs.

L’érudition des époux Wittkower mobilise une grande diversité de sources. Lettres, carnets de commande, biographies, journaux intimes et mémoires, minutes de procès défilent pour nourrir cette vaste enquête jusqu’à sa dernière interrogation, effet inévitable des incursions répétées de la psychanalyse en histoire de l’art : qu’en est-il du statut de la biographie ? En quoi éclaire-t-elle la production des œuvres ?

Cet ouvrage fondamental paru en 1963 – traduit en français pour la première fois en 1985 – est enfin réédité dans une version revue, corrigée et augmentée d’une postface de François-René Martin. Professeur aux Beaux-Arts de Paris, celui-ci revient sur l’importance de cette étude, mettant en lumière son actualité autant que son intemporalité.

 

 

Margot Wittkower (1902-1995) est spécialiste du baroque italien et exerça en tant qu’architecte d’intérieur. Elle est à l’initiative et au fondement de cette réflexion autour des vies d’artistes, rédigée en collaboration avec son mari.
 

Rudolf Wittkower, né à Berlin en 1901, mort aux États-Unis en 1971, est l’un des noms les plus prestigieux de l’histoire de l’art du XXe siècle. Avant de devenir professeur à Columbia University, aux côtés de Meyer Schapiro ou de Julius Held, il fut notamment directeur du Warburg Institute de Londres de 1934 à 1955. Il est l’auteur d’Art et Architecture en Italie, 1600-1750 (Hazan), Les Principes de l’architecture à la Renaissance (éditions de la Passion) et, aux éditions Macula, Qu’est-ce que la sculpture ? Principes et procédures, de l’Antiquité au XXe siècle.
 

François-René Martin est professeur d’histoire générale de l’art à l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Chercheur invité au Centre allemand d’histoire de l’art (Deutsches Forum für Kunstgeschichte), il enseigne également à l’École du Louvre.    

 

 

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